Interview Hélène Gainville
- J : Hélène Gainville, la mode et vous c’est une histoire qui dure depuis plusieurs années à présent, comment avez-vous débuté ?
- H G : J’ai grandi avec un réel engouement pour la création, une espèce de pente naturelle, un réflexe conditionné par mon enfance. Jeune fille, je confectionnais mes robes avec l’aide d’une couturière de quartier, puis celles d’amies de la famille. Les robes plaisaient, j’habillais de plus en plus de femmes pour un cocktail, un mariage, une réception. Je recevais de nombreuses commandes, si bien que je décidais de créer ma propre ligne de robes du soir. Deux années plus tard, j’ouvrais plusieurs boutiques en France et à l’étranger.
- J : De votre carrière de styliste quel est le souvenir le plus marquant ?
- H G : Probablement le jour où l’on m’a demandé de créer une robe de mariée entièrement rebrodée de diamants véritables. Elle fut présentée lors de l’émission de Michel Drucker « Champs Elysées ». C’était la robe de mariée la plus chère du monde.
- J : La robe de mariée la plus chère du monde, on est loin du concept de « La Vie en Robes » ?
- H G : J’avais envie de créer une seconde ligne de robes de luxe à des prix abordables. Certains de mes confrères de grands talents avaient ouvert la boîte de pandore en décloisonnant les interdits d’images entre le monde du luxe et la grande distribution. Je me suis retrouvée dans cet idéal où le « mass market » n’était plus privé de rêve...
- J : S’allier au « mass market » me semble être un pari risqué pour une grande créatrice, n’avez-vous pas peur pour votre image ?
- H G : Tant que les étoffes sont de grande qualité, les coupes soignées et le style renouvelé, je ne prends pas réellement de risques. Si ce n’est celui de satisfaire un plus grand nombre de femmes.
- J : Votre recette pour rendre les femmes heureuses ?
- H G : Des modèles de robes allant de 250 euros à 290 euros, pouvant se décliner en dix coloris, version brunch ou soirée, long ou court. Des robes fluides, légères, intemporelles, faciles à porter. Des robes qui s’adaptent à toutes les silhouettes pour toutes les occasions, mariage, communion, cocktail, réception. Des pochettes chicissimes, des bijoux et des étoles coordonnées.
- J : Pour finir, décrivez-vous en une phrase
- H G : « je ne suis pas un couturier, je suis un artisan, un fabricant de bonheur. » Yves Saint Laurent.